L' homme
L'homme s'en va, seul, dans un désert au néon.
Son ombre se projette le long des murs et la nuit bascule sous ses pas, révélant la lèpre pâle des périphéries de la terre.
L'homme marche contre le vent de l'aube, tiraillé par le froid, les papiers gras filant au ras de l'asphalte.
Nulle part où aller.
De son exil, il faudrait qu'il apprenne à revenir.
Il ouvre la porte et voit le lit jamais défait.
Il se remet en route, traverse le fleuve du temps en déambulant parmi les vestiges d'un corps sans mémoire.
Il est son histoire, elle n'en finit pas de commencer et c'en est déjà d'une inconsolable jouissance.
Peut-être vaudrait-il mieux avoir été cela pour être sûr qu'il ne le sera jamais plus et qu'il n'attendra plus la délivrance d'on ne sait quelle insupportabilité.
Je crois pourtant qu'il est trop convaincu de ce qu'il est pour ne pas voir ce qu'il pourrait être aujourd'hui et j'ai attendu ce matin pour comprendre qu'il se mentait avant tout à lui-même.
Soledad

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