Nuit sans étoiles

 

Elle aimerait caresser cette voix qui s'est glissée jusqu' à la rejoindre, contournant la grande poubelle de l' âme humaine.

 

Sa voix la rattache au temps qui s'enlise dans des marécages d'ennui.

Il lui demande ce qu'elle vend : « de la chose à désirer…à défaut de désir » !

Quelque chose aurait pu se perdre au bout du fil de cette histoire mais il n'a pas raccroché.

 

Lui se perdra à vouloir réinventer l'espace et le temps de la nuit.

 

Avec le jour, sa voix a pris corps.

Coiffé avec une Spontex (côté vert), il se tient là, occupé à détailler la carte d'un restau.

Première priorité : en trouver un dont la carte soit suffisamment consistante pour les absorber au cas où l'horreur adviendrait…

 

Imagine un peu le scénario, mec !

Une choucroute peinte en rose déambulant le long de l'avenue et, un peu plus loin, une meule de foin… !

 

Enfin bon, je te rassure : Creepshow, ce sera pour une autre fois.

Côté emballage, rien à dire, devant résister à des lavages haute température et à l'usure du temps.

 

Génération Mustella.

 

Fragment de vie de 2 vies éclatées et éclatantes qui s'inscrirait dans l'oubli mais…Vous n'êtes pas particulièrement en vie, vous n'êtes pas particulièrement à 2 non plus.

 

Pour l'instant, ils parlent de 2 voix agréablement flottantes qui indiquent tout comme ces 2 corps jetés comme des vêtements sur les 2 chaises, qu'ils se sont cachés derrière la stérilité, l'impersonnalité d'un sujet.

Un sujet qui ne touchera pas à la limite qu'ils se sont fixés pour se protéger derrière le rien du langage.

 

Mais ce rien, fait-il le prix de ce qu'on dit ?

 

Peut-être parlent-ils de photo, de musique ?

Elle rit et il la suit dans ce rire.

Déjà ça de partagé.

 

Trop tard pour détourner les yeux de son regard qu'elle promenait jusqu'alors négligemment.

Elle s'en va des yeux, regardant ses pieds puis ceux de la chaise, comme à la rencontre d'un point fixe qui voudrait bien l'accueillir.

 

Lui regarde avec appréhension l'assiette qu'elle ne touche autrement que du bout des yeux.

Et si elle n'avait pas assez faim ?

 

Mais vous n'iriez pas plus loin à penser les choses comme elles étaient.

Vous vous êtes réunis  autour de réponses à la question.

 

Ça y est, vous vous levez face à l'autre qui continue ainsi à n'être qu'un quelqu' un d'autre.

 

Elle sourit, il sourit puis la fait passer devant.

 

Tout est comme il faut puisque c'est comme il vous plaira.

 

 Soledad



Article ajouté le 2007-11-18 , consulté 194 fois

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