chemin des Incas 2
C'est LA grande question et seul un homme d'expérience pourrait nous répondre… Il faut être armé de patience pour effeuiller ces dames !
Ce bus est une puanteur et on ne s'habitue pas. Se lavent-ils ?
Le ciel est fantastiquement étoilé.
Cet espace silencieux et glacé où tournent les astres me trouble toujours autant.
Envie de creuser cette obscurité…
L'éternité est là et moi je l'espérais.
19/07
Arrivée à 6h00 à PUNO, ville sans charme…
Encore une nuit passée à compter les étoiles mais je ne ressens aucune fatigue. Laurence, elle, ne ressent jamais la faim !
3800 mètres d'altitude en bordure du lac TITICACA ;
Mon Dieu, qu'il fait froid ! Mes dents claquent et s'entrechoquent.
Enfin, une « vraie » chambre d'hôtel ! Lits avec draps et couvertures , murs peints, rideau aux fenêtres et le MUST : une douche brûlante entre 7 et 9h et 18 et 21h !!!
Ces petites choses pourtant si évidentes dans notre vie parisienne, nous les redécouvrons ici avec une joie inégalable.
Plaisir simple mais si essentiel !
14h30 : visite du site de SILLUSTANI. Tombes funéraires des époques pré-inca et inca.
Endroit apaisant, présence de moutons qui broutent, 2 indiennes filent la laine.
Flamants roses dans la lagune.
Arrêt dans un village en fête, nouvelles invitations mais cette fois à …4000 mètres d'altitude !
Une folle certainement borracha m'empoigne et me fait danser avec une force extraordinaire pour ses 1 mètre 50 !
Elle manque de me démettre une épaule à 2 reprises et moi de lui coller une baffe pour la calmer !
Je n'aime pas sa façon de m'agripper et je m'essouffle douloureusement…
Journée toujours aussi ensoleillée, mais dès 17h, il gèle !
Nous craignons le pire pour le Chemin des Incas (3 nuits à la belle étoile !)
Resto végétarien : enfin un repas « normal » mais il caille ! Pas de vitres aux fenêtres…
Dodo bien mérité, PLAQUEE au lit par mes 4 couvertures.
Et dire qu'il fait 35°C en France !!!
20/07
Iles flottantes sur le lac TITICACA, fixées à l'aide de poteaux d'eucalyptus. Le sol est mouvant ( sensation étrange ).
Peu d'intérêt.
L'après-midi, orgie de leche con platana.
Promenade dans le marché : les fromagers vendent également des couronnes mortuaires en papier !
Laurence se fait piquer sa trousse posée entre nous sur un banc public…Nous n'avons rien vu !
Je téléphone à Mamie qui se plaint de la chaleur en France et nous envie !!! Mais nous avons FROID !
Nos anoraks ne nous quittent que rarement et ni les chambres ni les douches ne sont chauffées !
Nous admettons enfin l'idée de manger une soupe tous les soirs !
Il nous est très difficile d'admettre que nous voyageons dans un pays froid, l'été ! C'est pourquoi nos sacs sont si mal faits !
Le soir, se glisser entre les draps glacés est un SUPPLICE.
21/07
Excursion à l'île de TAQUILE. 7 h de bateau…sur un lac !
Le lac fait 8000 m2 et évoque davantage une mer, recouverte par endroits d'une mousse d'algues vertes. Dans les roseaux sont nichés de nombreux oiseaux. Nos 2 marins « broutent » durant tout le trajet des feuilles de coca.
2 heures sur l'île, dont une demie heure passée à monter les 533 marches irrégulières pour gagner le village à…4100m d'altitude !
Mon cœur bat à tout rompre…me manquent quelques globules rouges ! Légers saignements de nez depuis plusieurs jours…
Les hommes tricotent gilets et bonnets tout en marchant !
Un bonnet à pointe blanche désigne le célibat.
Système de vie communautaire sur l' île.
En traçant une ligne droite entre POTOSI en BOLIVIE et le MACHU PICCHU apparaît LA ligne spirituelle reliant les différents centres religieux (OLLANTAYTAMBO, CUZCO, PUCARA, TAQUILE, TIAHUANACO, ORURO).
Pub péruvien, nous rentrons à l'hôtel à 22h30 !
22/07
Grand marché.
A 17h, départ du bus pour CUZCO. Nous voyageons de nouveau avec nos drôles de pyramides.
Et le monde défile sous mes yeux.
Quel les souvenirs m'entraînent et j'aurai des yeux ronds comme le monde.
23/07
Arrivée à CUZCO, capitale inca avec ses splendides ruelles bordées de murs incas dont la très célèbre pierre aux 12 angles, illustration de la perfection et de la puissance de l'architecture Inca.
PHOTO
Visite reposante des vieux quartiers. Maisons coloniales, balcons en bois sculpté.
Resto végétarien indien avec les hare krishna en prime !
24/07
Défilé militaire, procession religieuse : on aère encore une vierge !
Les 4 saisons de Vivaldi sont jouées sur la place.
Courses sur la marché pour le trek, nous rencontrons beaucoup de difficultés pour louer un réchaud et des gamelles.
Trek gastronomique avec au menu : soupes, pâtes, « purée » de bananes, fromages, pain (sans sel, BEURK !), biscuits, fruits secs, thé et…Cachou !
La plupart des touristes rencontrés ont renoncé au Chemin des Incas, trop difficile. Nous devons le faire…
Dans la journée, je tombe nez à nez sur le marin et sa copine.
Dîner avec eux plus 2 autres couples de français…le ghetto !
Une migraine assassine ma nuit.
25/07
CHEMIN DES INCAS J1
7h : départ du train des Incas pour le km 88.
2 tours de roues en avant, 1 tour de roue en arrière…et c'est sans fin.
Je devrais pourtant m'en rappeler !
En 1h, nous n' avons parcouru que quelques km !
Cela commence bien .
On nous explique que le train doit changer de voie à chaque embranchement…manœuvres lassantes loin de bercer mes neurones endoloris… Des volutes de fumée noire sont crachées par l'antique locomotive….POUAH !
Dans le train, valse d' empanadas, de sandwiches au fromage, de têtes de cochons, de yaourts, de café, d'oignons…A chaque arrêt, les indiens font leur marché par la fenêtre.
Nous voyageons en compagnie d'un jeune couple français sympa.
10h : km 88, une quinzaine de personnes descendent. Cette fois, nous ne pouvons plus reculer ! Premiers échangés avec Yves, puis avec Maddy.
Passage du pont (38 soles !)
Nous longeons des ruines et des terrasses incas dans la vallée, au bord d'un rio.
Première montée raide sous une châleur implacable.
Arrivées en haut, 3 porteurs nous narguent et nos sacs nous collent à la couenne. Nous sommes dévorées par de minuscules mouches noires qui me rappellent de cuisants souvenirs made in peru 1986 .
Le chemin suit la vallée. AU bout de 2h30 de marche, nous arrivons au village de WAYLLABAMBA, dernier village habité, à 3000 m.
Pop corn géant pour la truie et bouillie de maîs pour le chien.
Nous décidons de prendre de l'avance sur le deuxième jour.
Montée du premier col…Nous approchons l'enfer.
La végétation se fait luxuriante. Papouilles avec 2 chevreaux.
Nous croisons de nombreux chevaux et mulets qui redescendent de la montagne.
Campement à la nuit tombante. Nous sommes trempées de sueur et déjà transies de froid.
Repérage : une cavité dans la roche devrait pouvoir nous abriter.
Les campeurs sont effarés de nous voir sans tente !
Nous faisons la connaissance de Marcel, Christiane, Jean-Raoul et Maddy, 2 couples de copains quinquas avec qui il voyage. Anne et Rémi nous rejoignent.
Yves, 27 ans, nous invite sous sa tente, OUF !
Lau a admiré les étoiles filantes une bonne partie de la nuit, entre 2 vomissements et au petit matin, elle a la tête sur mes genoux !
Phénomène de condensation : au petit matin, tentes et tapis de sol sont trempés !
CHEMIN DES INCAS J2
Il nous faut avancer et Lau est pâle et faible, le prochain col est à 4200 m !
Heureusement, un des porteurs du groupe d'Yves accepte une double charge (il dit pouvoir porter jusqu'à 50 kilos) et porte son sac jusqu'au passage du col (10 soles).
Je n'ai « plus » que le petit sac de 7 kilos à porter mais à 4000m, c'est une autre histoire !
La végétation se fait rare.
Col de la WARMIWACUNCA : il y fait très froid et les cimes enneigées des cols voisins nous semblent si proches
Nous venons d'un point minuscule tout là-bas, dans les vallées encaissées…Saisissant.
Je récupère le gros sac de 11 kilos et la descente me tue les jambes, les escaliers sont en fait d'énormes blocs de pierre taillés par les Incas.
Je suis projetée en avant par le poids du sac…l'horreur.
Au fond, le Rio LLULLUCHAYOC…et le LLULLUCHA PAMPA qui culmine à 3500 m. Nous y déjeunons 2h30 plus tard et Lau, morte de fatigue, pique un somme.
Après cette descente, la remontée ! Chemin peu évident, assez rude. Ruines à 3800 m. Je n'ose plus lever les yeux vers le sentier qui continue de grimper encore et encore…
Je comprends aujourd'hui pourquoi les Conquistadors n'ont jamais réussi à gagner le MACCHU PICCHU !
Passage d'un nouveau col à 4000 m (porteur à 20 soles pour ce tronçon…question de survie !)
2 petits lacs au sommet.
Descente jusqu'aux ruines de SAYAQMARCA « la ville inaccessible », une vraie ville avec une vingtaine de maisons et tout un réseau de ruelles, d'escaliers, de terrasses et ceinte d'une muraille. Le tout perché sur le flanc d'une montagne. Escalier très raide. Mais comment faisaient-ils ?
Hallucinant.
Second campement après 6 heures de marche.
Repas gastronomique : pâtes aux petits pois et fromage. L'eau est immonde.
Nous nous couchons de plus en plus tôt tant il fait froid.
19h : extinction des feux et vive les vacances !
Yves nous offre encore le gîte, la nuit est glaciale, criblée d'étoiles filantes…
Plus jamais de camping l'hiver !!!
CHEMIN DES INCAS J3
Lau va beaucoup mieux, OUF !
Thé aux herbes du ruisseau…POUAH !
Le sentier borde les précipices. Vues somptueuses.
Tout est grand et beau.
Tunnel probablement une ancienne fissure naturelle, agrandie par les Incas. Escalier taillé dans la roche sur 20 m. Prodigieux travail…
Passage d'un 3ème col, le panorama est magnifique, nous sommes sur le toit du monde…
Apparition du site de PHUYUPATA MARKA, « le village au-dessus des nuages » avec des groupes de maisons, un temple et ds bains rituels. Nous y faisons nos « ablutions ».
Anne, de plus en plus exhibitionniste, ne manque pas cette formidable occasion de se dévêtir devant les porteurs…Après, nous nous étonnons de passer pour des putas aux yeux des indigènes !!! Merci Anne ;
Descente éprouvante et interminable.
La forêt amazonienne tapisse les Andes.
S'y dessinent parfois les vestiges de la civilisation Inca : citadelles en forme de demie lune, cultures en terrasses…
Le sentier est épouvantable : blocs énormes de pierre faisant office d'escaliers, parfois si raides qu'il faut les gravir à 4 pattes !
Je me tords la cheville.
La descente finale vers le 3ème campement est un cauchemar éveillé : sentier sableux et poussiéreux, dérapages incontrôlés, Lau se vautre.
Le soleil nous mord la peau.
Anne arrive en pleurant, Rémi porte les 2 sacs…
Je hais le Chemin des Incas.
Le refuge (un chalet très moche !) ne propose RIEN ! Ni douche, ni boisson.
Lau et moi nous lavons sommairement au tuyau d'arrosage, sur la terrasse : l'eau est glacée, j'ai le bulbe congelé, à la limite de la migraine mais quel plaisir d'avoir les cheveux propres !
Le groupe décide finalement de passer le reste de l'après-midi et la nuit au refuge car si nous gagnons aujourd'hui INTI-PUNKU, la Porte du Soleil, nous risquons d'être refoulés par le gardien.
Le chalet est bondé de groupes d'italiens et d'espagnols TRES bruyants.
Certains sortent de leur sac à dos des bouteilles de whisky !!!
Je n'en crois pas mes yeux !
Trek et beuveries me paraissaient incompatibles jusqu'à aujourd'hui ?
Pourquoi venir au Pérou…pour ça ?
L'ambiance se dégrade, la bière coule à flot. Ils chantent, tapent sur les tables…C'en est TROP !
Avec Lau, Rémi, Anne qui tête le dos de sa main et de l'autre tripote une étoffe et Yves, nous décidons d'aller dormir à la belle étoile, dans des ruines voisines, visitées l'après-midi.
Le site qui se révèle à la lueur des torches est inquiétant.
La nuit est profonde, désertée par les étoiles.
Je garde ma bombe lacrymo à portée de main.
Anne exige de s'endormir entre Yves et Rémi.
Yves s'absente, Anne le réclame aussitôt !
« Mais laisse-le vivre sa vie ! » répondons-nous de concert !
Rémi, es-tu si aveugle ?
J'ai un peu peur, le groupe de porteurs nous a vu nous diriger vers les ruines…Je pense à Clémentine et j'apprivoise ma peur, par à coups.
Des paquets de nuages défilent sous mes yeux avec parfois, un petit bouquet d'étoiles qui perce.
Des chants étranges d'oiseaux de nuit se font entendre.
Sommeil léger, entrecoupé de rêves insolites.
Position fœtale, protectrice, 3ème nuit à même le sol.
Réveil à 4h, Yves, soulagé, nous raconte sa nuit, une pierre dans chaque main, chaussures aux pieds, prêt à bondir (pour fuir !)
Il a fait le guet longtemps, cerné par une colonie d'yeux rouges (animaux, lucioles, OVNIS ?)
Il observait leur progression, redoutant une attaque des péruviens !
Nous nous moquons gentiment de lui mais sa peur fait écho. Seule Lau a dormi sereinement, sacrée Lau !
Que ne faut-il pas faire pour se fabriquer des souvenirs !
Nous rejoignons le reste de la troupe qui a dormi tant bien que mal au refuge (fiesta jusqu'à 23h , heure où Christiane a poussé une gueulante !)
Des dizaines et des dizaines de sacs de couchage jonchent le sol.
CHEMIN DES INCAS J4
4h30 : nous reprenons la route, espérant assister au lever du soleil sur le MACCHU PICCHU.
Le sentier est sinueux et accidenté. Nous nous dirigeons à la seule lueur des torches. Comme je suis la seule à avoir des piles Duracell, nous nous retrouvons bientôt à 5 sur ma torche.
Lau manque de faire un plongeon dans le ravin.
L'aube nous révèle un paysage féerique : silhouettes des montagnes enveloppées d'un manteau de brume bleutée puis rosée.
Ce tableau me rappelle les Montagnes Sacrées de Chine.
Nous assistons à la naissance du monde…
Traversée de ponts suspendus, escalade, rien ne nous est épargné !
Arrivée sur le site d'INTI-PUNKU pour découvrir la Vallée Sacrée des Incas noyée dans la brume !!!
Il fait froid et humide.
Marcel, plus bougon que jamais, nous fait beaucoup rire.
Petit Papy tout rose et plus très frais…comme nous tous d'ailleurs !
30 minutes de descente sur le site qui se dévoile peu à peu…
MACCHU PICCHU, mythique et sensuel, son HUAYNA PICCHU semble lécher le ventre des nuages.
Fût-il une forteresse, une capitale religieuse ou un lieu de culte consacré au Soleil ?
Premiers touristes croisés sur le site : Florence et Jen-Luc…Décidément !
Démarche raide et pesante…mes jambes sont de plomb !
Trop trop fatiguée pour apprécier réellement.
Les sacs déposés à la consigne la toute 1ère heure, sont à présent recouverts par des dizaines et des dizaines d'autres sacs !
Encore un bel exemple d'organisation à la péruvienne !!
Je sors les sacs un à un, la caissière râle, je râle encore plus fort ! Trop, c'est TROP !
Ils m' ENERVENT.
Nous montons dans un car pour redescendre à la station de train mais une fois installés et tassés, nous devons changer de bus !!!
Le retour à la civilisation est rude.
Le groupe vit de plus en plus mal l'agressivité de Maddy vis à vis de son mari et la tension monte…
Certains couples sont en fait l'union de 2 déséquilibres !
Premier train pour CUZCO : le train des touristes ( 52 soles ! )
3 pannes, 2 heures de retard, nous finissons dans un bus !
Ma vessie est en train de se fragmenter.
A CUZCO, nous nous donnons RV à 22h pour aller manger. Une fois de plus, le couple infernal s'entre dévore ! Rues mal famées, trop trop d'alcool en circulation.
Bonne route amigos !
Coucher à 1h
29/07
Première grasse matinée.
Fantasme devenu réalité : un yaourt !
Petits achats et promenade dans CUZCO.
Un journal US m'apprend la terrible nouvelle : un attentat à St Michel ! Je suis glacée.
Menu gastronomique végétarien dans une gargote pour 4 soles :
Soupe au pil-pil, riz, purée de ? (non identifié), yaourt, mate de anis.
30/07
6h30 : aéroport (22$ pour les locaux, 67 pour nous)
Avion à hélices, tuyaux d'oxygène qui pendouillent, 6 hublots pour 30 personnes ( ! ), sièges rabattables ( ! ), entrée par l'arrière de l'appareil, bagages stockés à l'avant et plus de billets vendus que de places !!! Certains voyageront dans…la soute !
Poussins, tomates , laitues calés sur les genoux des passagers…Les péruviens prennent l'avion comme ils prennent le bus !!!
Nous n'en pouvons plus de rire.
Bruits de moteur assourdissants, les vibrations sont telles que nous ne savons pas si nous avons décollé ou si nous roulons encore !
EPIQUE.
1h de vol, arrivée à PUERTO MALDONADO, « capitale biologique du monde » !
Chaleur moite, ENORMES termites le long des palissades de l' »aéroport ».
Vaccination obligatoire et gratuite contre la fièvre jaune.
Petit baraquement en bois, infesté de termites…c'est l'abattage !
Une grosse péruvienne qui ressemble à tout sauf à une infirmière abat sa seringue à la vitesse de 10 bras par minute !
La même seringue est utilisée pour les bras d'une même famille !
Je me fais violence après m'être assurée que Ma seringue est bien à usage unique.
Personne n'est là pour nous réceptionner ( 205 $ pour un séjour de 2 jours et 3 nuits, vendus pour 4 jours et 3 nuits ! )
Nous attendrons 1h en grignotant des amandes recouvertes de sucre et de noix de coco.
Les sièges du mini-bus sont encore recouverts de leur housse plastique : le manager allemand, parfait petit colon , aurait-il peur que nous les salissions ? Lau les troue par dépit.
12h : nous embarquons enfin sur la pirogue, essuyons une tempête tropicale de 2h… à essorer !
3h plus tard, arrivée à l' EXPLORER'S INN, rudimentaire mais propre.
Couvre-lits imitation en peau de panthère pour se mettre dans l'ambiance.
Dès 17h30, éclairage à la bougie (pas de groupe électrogène)
André et Michelle, 2 américains rencontrés à l'agence, se sont déclarés leur flamme et ont décidé de s'engager ici, au Sunset Point…entre 2 attaques de moustiques !!!
L'endroit est habité toute l'année par des naturalistes tous spécialistes (araignées, abeilles, reptiles…) Ils ont installé des plates-formes dans la jungle.
2 biologistes étudient les Pirahnas.
Promenade dans la RAINFOREST avec une guide et 2 autrichiens…PASSIONNANTE.
Elle nous parle des relations symbiotiques entre insectes et végétaux et de cette lutte implacable pour capter les rayons du soleil.
Le CORNIGERA ne pourra devenir un arbre adulte qu'à la condition d'être habité par des fourmis.
Il fournit le gîte et le couvert et en échange, celles-ci remplissent leurs devoirs d'hôte : évacuation forcée de toutes les chenilles, pucerons et araignées.
Chaque matin, elles coupent à l'aide de leurs mandibules les lierres et autres plantes grimpantes qui tenteraient de parasiter l'arbre.
Les fourmis dégagent les feuilles mortes, grattent le lichen, soignent l'arbre avec leur salive désinfectante.
Pas une plante à 1 mètre à la ronde.
L'arbre contraceptif : des infusions assèchent les trompes…définitivement !
L'arbre marcheur se déplace de 1 mètre par an, en direction du soleil !
Camouflage en rouge (synonyme de danger pour les insectes) des jeunes feuilles pour ne pas les attirer.
Elles se laissent pendouiller pour imiter les vieilles feuilles, bien moins appétissantes mais ça ne marche pas toujours !
La LOVER-KISS est une fleur rouge à 2 pétales. Les amoureux qui sont fâchés mettent chacun un pétale entre leurs lèvres et s'embrassent…Tout est réglé !
Le figuier géant
L'arbre qui mue 2 à 3 fois par an. En perdant sa peau, il évite ainsi que des parasites n'abusent de son hospitalité.
Dame TARENTULA nous reçoit bien malgré elle ( et nous ! ) dans sa demeure.
Sortie nocturne sur le fleuve pour apercevoir quelques paires d'yeux rouges ( caïmans ).
Les bruits de la jungle nous environnent… Envoûtante beauté de l' Amazonie.
Un nid de souris au-dessus de ma tête m'empêche de dormir une bonne partie de la nuit… Quel raffut !
L'aube nous surprend en train de nous gratter !
D'anciennes piqûres se réveillent et les lotions anti-moustiques sont d'une efficacité très relative.
31/07
5h : 10 km de marche dans la jungle + 1 h en canoë sur un lac infesté de caïmans et de piranhas.
Nous apercevons 2 yeux de croco, des tortues d'eau et des chauves-souris, de nombreux oiseaux, 1 serpent vert d'eau et une armée d'insectes.
En fait, la réserve de TAMBOPATA est une réserve…d'insectes ! Nous allons y laisser ½ litre de sang, c'est sûr !
Déjeuner à 13h30 :
Yucca à la sauce cacahouète ou soupe de yuca, riz + yucca, papaye A TOUS LES REPAS ET DES PORTIONS BIAFRAISES !
Aucun snack. Seul supplément possible : Pepsi à 2 $ la bouteille de 30 cl !
Nous obtenons quand même 6 bananes…à 45$ par jour !!!
Le thé a l'odeur et le goût d'un cabinet de dentiste ( girofle ).
Une colonie de 25 allemands débarque…Nous partons nous coucher à 20h, saturées d'histoires de serpents et d'insectes !

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